POV LouLa nouvelle année, l'an 2373. Une nouvelle et merveilleuse année qui commence. Je vois des gens qui s'amusent tout autour de moi alors que franchement, il n'y a vraiment pas de quoi. La plupart n'ont même pas de boulot, les temps sont durs. Moi, eh bien je suis adjoint du Shérif, j'ai eu de la chance, après que le Shérif se soit fait élire, j'ai postulé pour être son adjoint. Même pas une semaine que j'étais à ce poste, qu'il est décédé. Il avait un enfant, c'est donc lui qui est devenu Shérif à sa place. Ca fait maintenant trois ans que nous avons notre nouveau Shérif. Nous avons appris à travailler puis à nous connaître et nous sommes inséparables à présent. Je me demande encore ce que je fous à cette fête sordide... Ah oui je me souviens à présent, c'est bien et toujours à cause d'une fille. Je me retrouve toujours dans des coups fourrés à cause des filles. Hum bref, il est temps que je quitte cette fête moi. Je déambule dans les rues, mais avant de rentrer chez moi je vais faire un tour au bureau. Je rentre dans l'immeuble décrépis, je passe les portes et retrouve comme toujours, le Shérif à son bureau. Décidément, jamais je l'ai vu dormir.
- Qu'est-ce que tu fais encore là, tu devrais être chez toi depuis longtemps.
- Je sais bien Lou, mais y a tellement de choses à faire dans cette foutue ville. Et toi alors, je croyais que tu avais rendez-vous avec cette magnifique blonde ?
Je fais une grimace telle, qu'elle explose de rire.
- Oh tu sais ce que c'est, elle n'était pas pour moi, enfin c'est surtout l'armoire à glace qui lui sert de petit copain qui me la fait remarquer. Haha, cette fois-ci j'ai vraiment cru que ... j'allais encore devoir t'appeler au secours.
- Alala, sacrée Lou, tu sais que tu pourras toujours compter sur moi, depuis que mon père est mort j'ai pu compter sur toi, alors je serais là pour toi.
Elle me fait un clin d'½il et se remet au travail. Cette femme, hum, je ne saurais pas trop vous la décrire mais, elle a une telle force de caractère, après la mort brutale de son père, elle a tout de suite relevé la tête et elle a tout pris en charge. Bien sûr j'ai essayé de l'aider du mieux que j'ai pu et franchement, ce n'est pas une mince affaire. Je l'avais croisée plusieurs fois avant la mort de son père. Et comment dire, avant elle était une fille, on peut le dire, assez rebelle. Elle traînait dans les coins les plus mal famés de la ville, là où les gens respectables ne vont même pas en pleine journée. D'ailleurs, cela parait étonnant qu'elle se soit faite acceptée par ce milieu. C'est vrai, la fille du Shérif qui traîne avec des soit disant criminels, c'est assez paradoxal. On n'a jamais vraiment abordé ce sujet mais, si aujourd'hui c'est moi qui ai des problèmes avec des maris ou des petits copains jaloux, c'était elle à cette époque qui en avait beaucoup, plus que moi d'ailleurs. Mais depuis que son père est décédé, c'est comme si elle avait grandi d'un coup. En même temps, elle n'a pas eu trop le choix, elle avait à peine 17 ans, quand elle fut propulsée à ce poste. Mais elle remplit cette fonction avec brio. Je me dirige vers mon bureau.
- Au fait Charly, dis-moi, on n'a pas un transfert de prisonniers pour demain ?
- Si, j'ai demandé à Bod et Tom de s'en charger. Tu les connais, ils adorent faire les transferts.
- Tu rigoles, leurs femmes doivent tellement leur taper sur le système que c'est pour ça qu'ils ont dit oui. Enfin ça doit surtout être leurs chers et tendres enfants qu'ils veulent fuir comme la peste. Cela dit je les comprends, ça va leur faire des vacances.
Nous nous regardons et explosons de rire. C'est vrai, pour l'anecdote, ils sont venus avec leurs enfants et leur femme au repas de Noël qu'on avait organisé Charly et moi. Oh mon dieu, je crois que je n'ai jamais autant prié de toute ma vie pour que la soirée se termine. Heureusement, il ne m'a fallu qu'un regard à Charly pour lui faire comprendre de ne pas éterniser la soirée. On a filé les cadeaux aux gosses et hop fini. On avait terminé dans un bar avec Charly, hum, je dois dire que je ne me souviens pas vraiment de la fin de la soirée, seulement que quand je me suis réveillée il y avait une magnifique rousse à mes côtés et que j'avais un horrible mal de crâne. Bien sûr, je n'ai jamais revue cette fille, dont je ne me souviens plus du nom. Quant à Charly, et bien, je pense qu'elle a aussi dû faire une belle rencontre. Enfin cette soirée n'est pas à marquer d'une pierre blanche. Je trie les quelques papiers qui traînent sur mon bureau et me dirige vers la sortie.
- Au fait, ne traîne pas trop Charly, tu sais, il n'y a pas que ce bureau. Un jour tu vas devoir l'affronter. Tu ne pourras pas, ce n'est pas parce-que tu vas passer ta vie derrière ce bureau que tu vas l'oublier, il faut que tu sortes.
- Ah oui et faire comme toi, qui se tape tout ce qui bouge tant qu'elle a un beau cul et de beaux seins. Non merci Lou, je préfère gérer à ma manière.
Je tourne les talons et préfère couper court à toutes discutions. A chaque fois qu'on entame ce sujet, on s'engueule. Il est vrai que nous avons une manière différente de noyer notre peine. Elle, c'est au travail et moi, c'est en multipliant les conquêtes et je sais bien qu'aucune de nos méthodes n'est la bonne, mais bon.